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857306
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  Peinture de Juana Gila

milonga Cassis
sylvie & frederic Cassis

Rencontre d’un autre type

Je franchis le seuil de la porte et m’insère dans ce petit atelier où règne une

atmosphère si particulière. Il me semble que le temps s’est arrêté, qu’il a pour je

ne sais quelle raison, omis d’y pénétrer. Tout est d’époque, figé, même les posters

dédicacés épinglés au mur semblent faire un pied de nez à la modernité.

J’effectue quelques pas, et me retrouve face à lui. Moi qui avait tant attendu cette

confrontation, il est là, devant moi, ancré dans ce fauteuil et trônant du haut de

ses quatre-vingts printemps. Je n’ose le regarder, peur d’être déçu, peur de ne

pas être à la hauteur des attentes de cette entité.

Mon rythme cardiaque s’accélère battant la mesure d’une valse effrénée.

Je me penche vers lui, j’aperçois quelques stigmates de dégénérescence qui sont

de toute évidence liés à sa tumultueuse vie de baladin. Un tatouage orné de son

prénom me réconforte sur le choix de cette rencontre.

Mon courage à deux mains, je l’empoigne avec la délicatesse d’un orfèvre et le

pose sur mes genoux qui tremblent. J’effleure les touches d’ivoire dont la

blancheur et la régularité ont disparu, faisant place à des petits galets tels posés

sur le sable, usés par le clapotis des doigts.

Je prends ma respiration et entame un duel respectueux en tirant sur le soufflet

décoloré de l’instrument. Le bandonéon commence à gémir.

Le vibrato des lames résonne dans mes bras, ses lamentations traversent mon

corps, les notes de musique s’échappent des évents de dentelles et viennent

caresser mon visage.

A présent, mes yeux se remplissent de sueur, cette sonorité me bouleverse, mes

mains sont littéralement greffées à ces deux lanières de cuir. Le combat est

perdu d’avance, il a su m’émouvoir comme il a pu le faire tout au long de son

existence.

Enfin, il pleure, la complainte du tango s’extirpe de ses entrailles et vient se loger

au plus profond de mon coeur.

Merci Arnold, Astor me sourit !

M.P

Ode au Tango

 

Dans l'étreinte de nos regards qui tremblent

L'empreinte de nos mains nous rassemble

D'un abrazo farouche nos deux êtres s'emprisonnent

Par la communion érogène de cette entrevue piétonne

 

La complainte du tango erre dans nos coeurs

Pour voler la pudeur de nos âmes en souffrance

Poétique mouvement d'une tristesse à trois temps

Enjolivant l'allégresse de cette utopique union

 

Le souffle du bandonéon effleure nos visages

Paradant des tatouages de fleurs en larmes

Récit mélancolique d'un amour sans pétale

Aux vertus thérapeutiques d'une évasion scénique

 

Dans cette arène le talon aiguille nos pas

Sublimant le bas à l'éveil de mes sens

Je guide l'ode de nos corps tourbillonnants

Caressant les accords de sa respiration.

 

 

 

M.P

 

Texte Philippe M.